LOW EXPECTATIONS de Eivind Landsvik

LE MOT : TEMPS
Je me suis prêté au jeu, non pas des acteurs mais des mots. Après une répétition ou un souhait de la part de Low Expectations de parvenir au “cool”, je me suis posé la question, mais d’où vient donc cette expression ?
Pour y trouver son origine, il faut remonter au Moyen-Âge, où elle est employée, dans un vieil anglais, pour décrire un climat tempéré. Et bien donc nous y voilà, quel temps nous propose le premier film d’Eivind Landsvik ?
Présenté à la Quinzaine des cinéastes au tout dernier Festival de Cannes, le long-métrage norvégien nous décrit le retour à la réalité de Maja, aussi connue sous le nom d’artiste Vongole (incarnée par Marie Ulven, alias Girl in Red, chanteuse indie pop) perdant pied après son succès et revenant vivre chez sa mère (Tone Mostraum). L’avenir, comme dans un film d’Emmanuel Marre, c’est la jeunesse, et Maja suit cette voie puisqu’elle devient surveillante dans un lycée.
Le film peut répondre à notre question introductive, au travers de cette phrase : “les dix dernières années ont passé si vite, maintenant le temps est suspendu”. Le spectateur n’est jamais synchrone avec les images projetées, à cause d’utilisations “clipesques” noyées par leur modernisme ridicule (exemple : une adolescente change d’habits en se tournant sur elle-même au moyen du montage). On est peiné de voir la reprise d’images des réseaux sociaux, qui ne garde que la qualité rythmique, antipode du cinéma de Radu Jude.
Le temps se trouve aussi dans la nature, dans les formes qu’elle prend. Arbres, lacs, ciel composent la métaphore classique de ce qui vogue avant de renaître. Que faire de cette présence sauvage ?
Regarder suffira, bien que le film suive une artiste musicienne. On ne peut que regretter la sortie malheureusement discrète du très astucieux La lumière ne meurt jamais (norvégien aussi) de Lauri-Matti Parppei, recherche expérimentale sur la musique, trouver dans la nature un appui créatif, une source d’originalité.
Seule qualité de ce premier essai : sa capacité à incorporer le public au récit, le perdre, à l’image de son héroïne en quête de sens.




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