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LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI de Michel Leclerc

  • Ruben Mariage
  • il y a 12 heures
  • 3 min de lecture
D'Artagnan et Cyrano de Bergerac font face au jeune roi Louis, que l'on voit de dos

LE MOT : ENVOLÉE


Arthus en Cyrano et Franck Dubosc en d’Artagnan dans une fresque comique et épique : voilà la promesse du nouveau film de Michel Leclerc. Entre film de cape et d’épée et immersion dans la troupe de Molière, le réalisateur propose une relecture fantaisiste de l’histoire de France et des grands classiques de la littérature. Le mélange fonctionne-t-il ?


Après Le Nom des Gens et La Lutte des classes, Michel Leclerc s’aventure cette fois sur le terrain du film historique, avec sa propre réinterprétation des événements. Le petit Louis, Dauphin de France et futur héritier de la couronne, est en danger ! En attendant son accession au trône, la reine mère confie son précieux rejeton à d’Artagnan afin de le protéger des complots qui agitent la cour. Mais ce dernier décide secrètement de le confier à son frère d’armes, un certain Cyrano de Bergerac : guerrier, poète et personnage fantasque qui vit reclus, loin du monde, et qui n’a aucune envie de s’encombrer d’un enfant capricieux, fût-il le futur roi de France.


À partir de ce joyeux mélange de figures historiques et littéraires, Michel Leclerc livre un film... inégal. D’un côté, cette aventure initiatique entre l’enfant roi et son protecteur peine parfois à convaincre. L’exposition est souvent assez brute, certains dialogues tombent à plat et la mise en scène manque parfois d’inspiration. Quelques effets visuels, comme ce plan insistant sur un Louis couvert de ses habits dorés, auraient gagné à davantage de subtilité.


Pourtant, le film révèle aussi de réelles qualités. Il devient même particulièrement plaisant lorsqu’il délaisse son intrigue principale pour suivre ce qui ressemble presque à sa véritable passion : l’intégration de ses héros dans la troupe du jeune Jean-Baptiste Poquelin. Cette sous-intrigue met en lumière tout ce que le film réussit le mieux. Porté par un casting investi, le récit raconte avec énergie la vie de bohème et les premiers pas au théâtre d’un auteur appelé à devenir une légende. Nemo Schiffman campe un Molière espiègle et attachant, auquel la moustache sied à merveille.


Dans le même temps, l’arc consacré à la cousine du jeune roi, bien décidée à écarter son cousin pour prendre la place de la reine mère, apporte lui aussi son lot de fantaisie. Suzanne de Baecque y livre une composition déjantée qui contribue largement au plaisir du film.


On oscille ainsi constamment entre le très bon et le plus dispensable. Certaines scènes brillent par leur humour et leur vitalité, tandis que d’autres peinent à maintenir le même niveau d’intérêt. À tel point que la sous-intrigue autour de la troupe de théâtre finit par sembler plus captivante que l’histoire principale elle-même, laquelle apparaît parfois comme un simple prétexte pour nous conduire vers cet univers foisonnant de personnages hauts en couleur.


Malgré une véritable générosité et des intentions louables, le film peine à conserver l’élan de ses meilleurs moments lorsqu’il revient à son intrigue centrale. Celle-ci, hormis quelques fulgurances d’excentricité, suscite moins d’émotions et donne parfois l’impression de simplement faire avancer le récit. Certaines séquences s’étirent inutilement, souffrent d’un manque de rythme ou d’une mise en scène des scènes d’action peu inspirée.


Le film n’est donc pas dénué de qualités, loin de là. Son casting fonctionne, son univers possède un charme certain et plusieurs idées font mouche. Mais on ressort avec le sentiment qu’il y avait un film encore plus passionnant à raconter : celui de Molière, du théâtre ambulant et de la vie d’une troupe au XVIIe siècle. Face à cette matière riche et stimulante, l’intrigue principale paraît finalement un peu trop classique et manque parfois du souffle nécessaire pour pleinement emporter l’adhésion.

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