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L'ILLUSION DE YAKUSHIMA de Naomi Kawase

  • Photo du rédacteur: Raphaël Chadha
    Raphaël Chadha
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture

LE MOT : VOCABULAIRE 

André Bazin, chef de file des Cahiers du cinéma prononçait ces célèbres mots : “le cinéma substitue  à notre regard un monde qui s’accorde à nos désirs”. François Truffaut, disciple du premier, poursuivait “les Français ont deux métiers, le leur et critique de cinéma”. 

En tant que réalisateur, j’ai toujours trouvé difficile de contredire, de voir comme mauvaise la réalité imposée (car le cinéma l’est plus ou moins par son architecture), celle d’une consoeur ou d’un confrère. 


Il y a toujours de la lumière au bout du tunnel, toujours une ponctuation qui peut sauver une phrase. 


Amoureux comme Bazin d’un art qui conclut les précédents, je dois nuancer son propos et remplacer “nos désirs” par “des désirs”. 


Les désirs, donc, de Naomi Kawase sont évidemment : nature, amour et disparition. Son nouveau long-métrage est conduit par cette suite, débutant par un cœur s’ouvrant puis deux personnes s’embrassant. Magnifique première scène, puisque le film accompagne Corry (incarnée par Vicky Krieps), française, envoyée au Japon pour aider un hôpital s’occupant des transplantations cardiaques infantiles. En parallèle, la protagoniste tombe amoureuse de Jin (incarné par Kan’ichiro). 


Vous l’aurez compris : le cœur qui nous fait vivre, le cœur qui nous fait aimer. Cela résonne avec la phrase du réalisateur des 400 coups, ce qui nous définit socialement et ce qui nous définit humainement. 


Adossant le rôle de critique, je vais être honnête face à mes émotions dégagées lors de ma vision du film. Les dialogues touchent au ridicule, la réalisatrice ne maîtrise ni le français, ni l’anglais. Me rappelant Soudain de Ryusuke Hamaguchi (en compétition au Festival de Cannes 2026), avec une Virginie Efira débordée par l’utilisation du japonais et n’ayant pas l’énergie de se concentrer sur ses expressions faciales. Vicky Krieps s’inscrit dans cette difficulté, prise par une langue asiatique qui n’est pas la sienne. 

Autre similarité entre les deux films franco-japonais : la complexité des répliques, leur côté pompeux et alambiqué. 


Le montage et la temporalité qui lui est associée perd le tout, manquant grandement d’une continuité du récit. Avec des images prises à Paris. Comment ne pas voir un budget allongé par un simple plan dans une enceinte hospitalière parisienne ?

Plan qui d’ailleurs n’ajoute rien, appuie sur des informations déjà exprimées. 


Comme un vocabulaire qui n’appartient pas à Naomi Kawase, le film ne m’appartient pas non plus, pris par des envies qui sont sûrement trop éloignées des miennes. Il faut croire en ce que l’on dit comme nous l'enseigne l’usage, en tant que réalisateur, comme en tant que critique.


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