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NOS ÂMES LIBRES de Salomée Stevenin 

Alessia Paris
il y a 7 heures
2 min de lecture

LE MOT : QUÊTE 

« Nos Âmes Libres » n’est pas seulement un film mais bien plutôt une expérience humaine. Ce film soulève beaucoup de questions auxquelles Salomée Stévenin ne trouve pas forcément de réponses, mais qui nous permettent de partir à l’aventure. L’envie de faire ce film vient d’une rencontre avec un dauphin captif, dont le regard a marqué la réalisatrice. C’est à ce moment-là qu'elle prend conscience de son rapport au vivant et de la signification qu’elle veut donner à sa vie. 


Salomé Stévenin est comédienne. Elle interroge ainsi beaucoup son rapport au présent et au vivant à travers son travail. Pendant ce film, nous traversons beaucoup de saisons, de pays, de cultures et d’états émotionnels différents. Nous nous retrouvons dans l’océan à côté des baleines, sur terres avec des êtres humains, sur les routes…  J’ai trouvé ce film très intéressant autant dans les plans que dans les questions que Salomée se pose tout au long du film et qu’elle adresse subtilement à ses parents. Elle parvient à rendre l’infini très intime, grâce à une quête de sens devenue aventure sensorielle. 


Il est beaucoup question du rapport au passé, au présent et au futur, l’être humain étant le seul être qui se perd dans ces trois espaces, alors que les animaux n’expérimentent que le présent. Et n’est-ce pas là le secret pour être complètement libre ? Délivré de l'angoisse d’un futur qui n’existe pas et d’un passé qui nous cloue au sol et nous empêche de nous envoler ? 


J’ai trouvé la démarche de Salomée très sincère et poétique. On voit une femme qui doute, mais qui ne laisse pas ce doute l’alourdir. Au contraire, on assiste à son émancipation à travers ses remises en question qui lui permettent de trouver sa vérité. Comme quoi, questionner le réel n’est pas forcément anxiogène et peut être, plutôt, libérateur. 


Salomée dit dans le film « Je viens d’ailleurs mais je suis là à observer le monde ». Comme si l’ailleurs était une naissance, un point de départ. Alors qu’il a toujours été synonyme d’éloignement. Salomé se réapproprie son identité grâce à son film. Et c’est là sa grande force. Elle fait cohabiter dans ses plans l’immensément grand et l’infiniment petit. Le vaste et le minuscule. L’obscurité et la lumière. Souvent en plaçant l’homme au côté de l’animal et de la nature. 


Ce qui m’a frappé dans ce film c’est la connexion que fait la réalisatrice entre ses parents et les éléments. « Nous venons tous de l’océan » dit-elle. On a l’impression d’assister à son propre accouchement psychique. On voit que la réalisatrice est obsédée par la plongée et la mer. Ou peut-être est-ce un intérêt pour la « mère » et son rapport à la maternité ? « Papa, j'aurais voulu te sauver de tout » : c’était le premier rôle endossé, celui de « la fille qui sauva son père », bien avant d’être comédienne. Salomée redéfini son identité en tant qu’artiste et femme dans ce film. Elle se détache de tous les rôles qu’on lui a donnés pour retrouver son essence. Ce film m’a bouleversé tant par son onirisme que grâce à sa  sincérité.


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