LA VÉNUS ÉLECTRIQUE de Pierre Salvadori
- Louise Devillers
- 13 mai
- 2 min de lecture

LE MOT : RÉPARATION
Mardi 12 mai 2026, c’est Pierre Salvadori qui a ouvert les festivités de la 79ème édition du Festival de Cannes avec son long-métrage La Vénus électrique.
Une fois n’est pas coutume, l’auteur explore une variante de sa recette phare - et on ne lui en veut pas, car le message est optimiste : on peut se remettre d’une rupture ou d’un deuil, la vie continue !
Un homme d’une quarantaine d’années - Antoine, peintre incarné par Pio Marmaï -, sombre dans la dépression suite à une rupture amoureuse. Dans La Vénus électrique, contrairement à Après vous ou Les Apprentis, la rupture est définitive, puisque sa chère et tendre Irène - interprétée par Vimala Pons -, est tout simplement décédée.
Un ami - Armand, incarné par Gilles Lellouche -, l’aide à retrouver le chemin de l’amour et de la vie. Mais Armand n’est pas tout à fait désintéressé dans cette affaire. En effet, plus Antoine est heureux, plus il peint, et plus Antoine produit de toiles, plus Armand, qui n’est autre que son marchand d’art, peut vendre et faire profit.
Pour redonner le goût de vivre à son ami et collaborateur, Armand va aider Suzanne, la “Vénus électrique” d’une foire qui se fait passer pour voyante - Anaïs Demoustier -, à prétendre faire revenir la défunte Irène parmi les vivants…
Comme souvent, Pierre Salvadori parvient à composer des personnages en crise, sensibles, humbles et attachants, bien que ceux-ci ne cessent de se mentir et de se manipuler.
Le quatuor amoureux, qui fonctionne très bien grâce au jeu efficace et drôle des acteurs et actrices, s’embarque dans un fou numéro d’illusion sur fond du Saint-Ouen des années 1930. Les décors et costumes sont convaincants, on entre sans peine dans l’univers. Séances de spiritisme, fantômes factices, mort mise en scène, toute la magie et le folklore des arts forains est là. Les personnages jouent des rôles, trouvent et manient avec un plaisir coupable des stratagèmes drôles et ingénieux, des farces et attrapes, des trucs et astuces. Nous, spectateurs et spectatrices, naviguons en complice dans les coulisses des tréfonds de la capitale. Et c’est assez satisfaisant.
Un gros bémol toutefois : l’intrigue met du temps à s’installer, les trente premières minutes manquent de rythme. Pierre Salvadori nous a habitués à plus d’humour, à des dialogues plus piquants…
Mais dès que Suzanne trouve le journal intime de la défunte qu’elle prétend faire revenir à la vie, l’intrigue prend un tournant décisif. On suit Suzanne parcourir le passé d’Irène, découvrir avec curiosité puis délice l’évolution de ses sentiments - à Irène et à elle-même - pour Antoine. Elle s’en inspire sans vergogne pour confondre davantage le peintre dans le trouble mystique.
Sur toute cette partie, l’entremêlement des scènes entre passé et présent est réussi, tantôt par le montage, tantôt par des enchaînements simples mais habiles au niveau de la mise en scène.
Sur la fin, malgré un twist inattendu dans ce rectangle amoureux qui vient pimenter l’affaire, l'intrigue s'essouffle à nouveau, en raison notamment de clins d'œil un peu trop poussifs à L’Arroseur arrosé ou encore à Roméo et Juliette.
Verdict : ce n’est pas le meilleur film de Pierre Salvadori mais il n’en demeure pas moins agréable à regarder. À voir pour passer un bon moment sans prise de tête !




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