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ENTRETIEN avec Akinola Davies Jr.

  • Ruben Mariage
  • 22 mars
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour


Notre rédacteur Ruben Mariage a rencontré Akinola Davis Jr., réalisateur du long-métrage Un jour avec mon père, qui sort en salle le 25 mars 2026.


Lagos (Nigeria), 1993. Alors que des troubles politiques menacent la ville suite aux élections, un père tente de ramener ses deux jeunes fils à la maison.


Ruben Mariage : C'est un grand honneur de vous accueillir. Je suis moi-même très enthousiaste. Je peux être franc, car j'ai vu votre film il y a environ trois semaines. Et je dois dire qu'il est magnifique.


Akinola Davies Jr. : Merci beaucoup.


Ruben Mariage : C'est un film très sincère. Je ne vais pas le cacher, j'ai failli pleurer à trois reprises, car je le trouve extraordinaire.


Akinola Davies Jr. : Merci.


Ruben Mariage : Avant de passer à autre chose, puis-je vous demander de nous présenter le film ?


Akinola Davies Jr. : Bien sûr. Un jour avec mon père est un film qui raconte l'histoire de deux jeunes frères qui passent une journée avec leur père, qu'ils voient très rarement. Leur père les emmène pour la première fois à Lagos. Ils découvrent qui il est parmi ses amis et dans le monde réel.


Ils profitent de cette journée pour s’interroger sur son absence et pour remettre en question son rôle de père. Ils vivent une journée magique, mais en même temps, les résultats des élections de 1993 au Nigeria plongent le pays dans le chaos. Leur père doit les ramener à la maison.


Ruben Mariage : Très bien. Ça me donne encore des frissons. J’ai vu que c’était presque autobiographique. Dans quelle mesure votre histoire se retrouve-t-elle dans ce film ?


Akinola Davies Jr. : Beaucoup de choses. Une partie relève de la fiction, mais les garçons s’inspirent de moi et de mon frère. Nous n’avons pas vraiment connu notre père, mais son personnage est construit à partir des récits de ses amis, de notre mère et de nos frères et sœurs.


Notre mère en donne une version romantique, tandis que ses amis décrivent sa véritable personnalité : espiègle, un peu voyou, passionné de musique, des gens et de politique.


Les histoires qu’il raconte à ses fils parlent aussi de la famille : les pertes, les relations complexes et les tensions générationnelles.


Le contexte politique est réel. Nous avions le même âge que les garçons en 1993, nous avons donc vécu ce chaos. Tout est mélangé, comme des spaghettis.


Ruben Mariage : J’adore les documentaires, et j’ai été émerveillé par la façon dont la ville semble vivante.


Akinola Davies Jr. : Nous avons tourné en Super 16, ce qui donne de la texture et un sentiment d’époque. Je viens du monde de la mode, de la musique et du documentaire. Mon frère et moi dirigeons une société de production au Nigeria, nous travaillons donc avec la communauté depuis près de dix ans.


Nous impliquons les gens, nous leur donnons un sentiment d’appartenance, et cela crée un lien. Tout le monde apporte des idées. Le film est vraiment le fruit d’un effort collectif.


Ruben Mariage : C’est incroyable. On ressent vraiment la profondeur.


Akinola Davies Jr. : Le film traite de la vulnérabilité, en particulier dans les relations entre hommes. La vulnérabilité est un super-pouvoir, et elle est importante pour le lien entre parents et enfants.


Ruben Mariage : Les acteurs sont incroyables. Comment les avez-vous trouvés ?


Akinola Davies Jr. : Le père est un comédien de théâtre expérimenté. Les garçons ont été plus difficiles à trouver : ce sont de vrais frères qui n’avaient jamais joué auparavant. Nous avons cherché partout et les avons trouvés presque par miracle.


Le Nigeria est souvent mal représenté. Nous voulions montrer sa véritable nature : son humanité, son humour et sa complexité.


Les parents sont façonnés par leur passé. Le film tente de créer de l’empathie entre les générations.


La réalisation d’un film est un travail collectif. Chacun apporte sa contribution : son, image, costumes, jeu des acteurs. C’est ce qui crée la richesse.


Ruben Mariage : Quelle est votre scène préférée ?


Akinola Davies Jr. : La scène sur la plage, sur le plan émotionnel, et l’entrée dans Lagos, sur le plan visuel. C’est une introduction puissante à la ville.


Ruben Mariage : Lagos semble vivante, presque comme un personnage.


Akinola Davies Jr. : Oui, la ville est au cœur de l’histoire. Elle plonge le spectateur dans une immersion totale.


Ruben Mariage : Dernière question : un mot pour définir votre film ?


Akinola Davies Jr. : La famille. C’est simple, mais complexe. Ce mot recouvre toutes les émotions : l’amour, la perte, la joie, les conflits. Il définit tout.


Ruben Mariage : Merci beaucoup.


Akinola Davies Jr. : Merci.



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