HOPE de Na Hong-jin

LE MOT : FILS DE ####
Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2026, Hope marque le retour de Na Hong-jin, maître sud-coréen du thriller viscéral, qui signe ici un film de monstre aux allures de première pierre d’une saga. Un village se vide, ses habitants disparaissent, et quelque chose, là-bas, dévore tout sur son passage.
Le film se découpe en deux mouvements que presque tout oppose. La première heure est un thriller en temps réel, tendu comme un fil : la caméra colle aux pas du personnage incarné par Jeong-min Hwang, lancé sur la piste de ce qui a ravagé son village. Quand la créature, qui terrasse et dévore les siens finit par surgir, la traque s’engage, mais on ne sait bientôt plus qui chasse qui.
C’est alors que le film bascule dans un second acte plus fou, et plus flou. Les personnages se bousculent, à peine esquissés et pourtant piliers de l’action. Les dialogues oscillent entre l’explication pesante et le bavardage inutile, et le récit s’abandonne à l’absurde. Les enjeux se noient dans une soupe de détails qui se dévorent entre eux. Le dénouement n’en est pas un : les quinze dernières minutes ressemblent à un temps additionnel où Na Hong-jin sème d’un coup toutes les graines oubliées en chemin, pour s’assurer une trilogie. Étrangement, elles s’épanouissent en un grand moment de cinéma.
Reste l’attirail : des CGI inégales, changeantes, mais pleinement assumées, et des dialogues d’une vulgarité qui frôle fréquemment la bouffonnerie (je n’ai jamais vu un #### ## #### pareil !). Ces ingrédients médiocres s’agencent pourtant en un équilibre solide, comique et jubilatoire. L’excès de n’importe quoi tourne à la dérision chez le spectateur, et c’est peut-être voulu.
Aller voir Hope, c’est s’asseoir sur une luge en équilibre au sommet d’un pic enneigé : au sud, l’exaspération pure, au nord, l’innocence d’exister. Reste à savoir de quel côté elle basculera.




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