NOTRE SALUT d’Emmanuel Marre - FESTIVAL DE CANNES 2026 - COMPÉTITION OFFICIELLE
- Raphaël Chadha
- 22 mai
- 2 min de lecture

LE MOT : STYLE
Contrechamp de Moulin de László Nemes (lui aussi en compétition), Notre Salut d’Emmanuel Marre ose avec quelques excès.
Le film conte l’histoire d’Henri Marre (incarné par Swann Arlaud), nom que portait l'arrière grand-père du réalisateur et dont le récit est inspiré, rédacteur d’un manifeste, Notre Salut, défendant le Maréchal Pétain et sa politique. Fort de son ambition, le personnage cherche à se faire une place au sein du gouvernement en place.
Comme pour son premier film, Rien à foutre, long-métrage génial, Emmanuel Marre ouvre une voie singulière au cinéma français. Mais qu’est-ce que c’est, le style Marre ?
C’est tout d’abord de la caméra portée et du gros plan, combinaison qui crée un déséquilibre chez ses personnages tout en instaurant une mouvance continuelle de l’image ayant pour effet de capter son spectateur.
Ensuite, le flash dans les plans nocturnes. Une lumière forte et directe sur les visages et les corps de ses protagonistes. Via ce procédé, on a presque l’impression de voir des statues au milieu de décors fantastiques parce qu’appartenant à l’art déco ou aux beaux arts.
La dernière touche, et celle qui fait de Marre un artiste transgressif, c’est la musique. Dans ce nouveau long-métrage de 2h30, le réalisateur choisit de rythmer des images d’archive de manifestations pétainistes avec Life is Life d’Opus.
C’est peut-être en cela que Notre Salut atteint certaines fois ses limites. À vouloir prendre en dérision complète l’histoire tragique et les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, il aveugle totalement le spectateur. Le hors-champ peut exister, sans être forcément une mauvaise alternative, preuve en est avec The Mastermind de Kelly Reichardt, par exemple.
Tel un grand écrivain, Emmanuel Marre a trouvé un des styles les plus uniques du cinéma. Mais un bon style l’est d’autant plus s’il s’accompagne d’un thème adapté.




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